“Déplastifions-nous !”… Ces plastiques biodégradables qui ne le sont PAS : le prochain grand scandale industriel

Nous aurait-on menti ? L’année dernière, un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement révélait que le plastique présenté comme “biodégradable” par les industriels était en réalité tout autant un cancer pour la planète que son cousin pas très éloigné. À l’heure où tous les coups sont bons pour tromper le consommateur et perpétuer un système totalement fou, une révélation de ce genre ne nous surprend plus. Et pourtant, 12 mois plus tard, le plastique biodégradable a toujours autant la cote !

 “Déplastifions-nous !” Cette photo postée par un abonné à l’Obs fait le tour des réseaux. Pour cause, elle symbolise sans commentaire un paradoxe dans lequel nous baignons tous. Tout le monde est d’accord désormais pour dire que le plastique est un fléau mondial, et pourtant son utilisation ne cesse de se répandre dans les moindres pores de nos quotidiens : comme l’huile de palme, comme les énergies fossiles, comme tant de choses. La moindre proposition de régulation est perçue à travers le spectre du collectivisme, du “gauchisme” disent-ils. Alors on proteste contre les décideurs soumis aux lois des marchés, en attendant la prochaine photographie de cigogne suffocante sous un sac plastique. Mais surtout, on change son mode de vie, on s’organise, on change tant que faire se peut. Image : Vili Infos & Débats | Mr Mondialisation

La semaine dernière, l’Obs prenait l’immense risque de titrer son dernière numéro « Déplastifions-nous ! » le tout livré sous une belle pellicule de plastique. Pas de panique, à l’intérieur de magazine, l’Obs rassure ses lecteurs en affirmant utiliser du plastique mieux que les autres : celui-ci est biodégradable. Super, nous voilà sauvé ! En fait, non, pas vraiment. C’est sans doute pire encore. On vous explique tout.

Les industriels nous auraient-ils menti ?

La principale différence entre le plastique dit “de base” et son alternative biodégradable réside dans la capacité des matières plastiques à se décomposer dans la nature : il se « bio » dégrade… Selon les experts d’EPI “les matières plastiques traditionnelles ne peuvent pas se décomposer. La décomposition totale des déchets dans la nature et dans les décharges prend des années, voire des décennies” alors que les plastiques biodégradables sont faits d’une “matière plastique dégradable dans laquelle la dégradation résulte d’une réaction naturelle des microorganismes tels que les bactéries, les mycètes et les algues”.

On en perdrait presque son latin ! Alors, dégradables ou pas dégradables ces fameux plastiques ? D’après Jacqueline McGlade, responsable scientifique à l’UNEP, le plastique biodégradable le serait, hypothétiquement, si… les conditions nécessaires à sa décomposition étaient réalisables à l’état naturel. Ce qui est, dans la majorité des cas, pas le cas. Dans son rapport à l’UNEP, elle explique que “pour pouvoir se décomposer, le plastique biodégradable doit être confronté à une température avoisinant les 50 degrés, une température que n’atteint aucun océan” avant d’ajouter “et il ne flotte pas non plus, donc il va couler et ne sera pas exposé aux rayons UV pour se décomposer”. Ce plastique biodégradable devrait donc techniquement être recyclé dans des conditions industrielles, ou sous un soleil de plomb en pleine désert… Ce qui n’est PAS le cas. Voilà qui a de quoi nous refroidir.

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