Déchets plastiques dans les océans : la pollution est “très très avancée” et “plus qu’inquiétante”

© Seaqual 4U

* Seaqual : une fibre à base de déchets plastiques océaniques

Les matériaux sont collectés grâce à une flottille de 400 bateaux de pêche partenaires. Outre le recyclage des plastiques, Seaqual entend contribuer à dépolluer les océans, dont les chercheurs estiment que d’ici 2025 ils contiendront une tonne de plastique pour trois tonnes de poissons. L’entreprise a donc entrepris de créer toute une filière autour du procédé de transformation.

Né du rapprochement entre la marque Ecoalf, le groupe textile Santanderina et le filateur Antex, Seaqual propose un produit final pouvant être utilisé en version 100 %, écru ou fil teint. Ou bien mélangé à des fibres naturelles dont coton bio, Tencel, viscose, laine, lin et autre.

«Les technologies de filature permettent les développements par texturisation air, texturisation par fausse torsion, torsion mécanique et élastification, indique l’entreprise. De plus, les fils teints en masse et les fils teints sur bobine sont possibles. Adaptés à la fois aux besoins du prêt-à-porter, du bain, du sport, du denim ou de la chaussette, ces fils peuvent être aussi bien tissés que travaillés sur des machines à tricotage circulaire ou seamless.»

Seaqual 4U a placé en août dernier à sa tête Michel Chtepa en qualité de directeur général. Il officiait précédemment en tant que directeur général de Quintenas Textile Solutions en France, après avoir été responsable marketing opérationnel denim et prêt-à-porter au sein du groupe Invista pour la fibre Lycra.

© Seaqual 4U
© Seaqual 4U

Le directeur de Seaqual 4U*, qui récupère et recycle les plastiques déversés dans les mers et océans de la planète, s’inquiète de l’ampleur de cette pollution.

On l’appelle parfois le “continent de plastique”. Environ huit millions de tonnes de déchets plastiques sont déversés chaque année dans les océans à travers la planète. Une situation très alarmante selon Michel Chtepa, le directeur général de l’entreprise Seaqual 4U, invité dimanche 8 juillet sur franceinfo. Son entreprise récolte et recycle une partie des 150 millions de tonnes de déchets plastiques qui polluent les eaux.

franceinfo : C’est important de recycler ces déchets ?

Michel Chtepa : C’est un enjeu qui est énorme et la pollution est vraiment très avancée. Je pense qu’aujourd’hui les médias se font à juste titre le relais de la situation globalement sur l’ensemble de la planète. Chaque année il y a plus de huit millions de tonnes de plastique qui finissent dans les océans. Ça part de la manière dont on gère les plastiques, y compris dans les villes, puisque ça finit dans les rivières puis dans les estuaires et les océans. C’est une vraie problématique. La situation est même plus qu’inquiétante.

Les sacs plastiques sont maintenant interdits, bientôt les coton-tiges et les touillettes. Peut-on y voir une évolution positive ?

La situation est en train de changer. On voit d’ailleurs de plus en plus, que ce soit à travers le grand public, et même l’industrie, qu’il y a une prise de conscience. On est dans un monde qui est compliqué. Il y a beaucoup d’interactions, on est tous liés les uns aux autres, et la mer, les océans, c’est un héritage commun, donc il y a vraiment des actions urgentes à prendre, au-delà de la prise de conscience.

A Seaqual 4U, vous récupérez les déchets pour les transformer en vêtements que vous revendez ensuite. Comprenez-vous que vous puissiez être accusés de “greenwashing”, de récupération du combat écologique à des fins commerciales ?

On ne veut surtout pas s’engager sur une démarche de greenwashing, au contraire, et d’ailleurs les efforts qu’on a apportés depuis plus de deux ans, bien avant qu’on parle comme actuellement de la problématique de la pollution en mer, c’est parce qu’on a une conviction sur le long terme. Notre objectif, ce n’est pas simplement de nettoyer. Notre engagement va bien au-delà de tout ça, parce qu’en réalité l’objectif, c’est une nécessité pour notre société, pour l’humanité même, c’est de travailler pour une économie circulaire. C’est un grand mot, mais si on est capable, au lieu de continuer d’extraire des ressources de la terre, de réutiliser celles qui ont été extraites une seule fois et d’en faire une économie vertueuse et circulaire, à ce moment-là on aura un impact bien moins grand sur la planète et on pourra vivre d’une meilleure manière.

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