Les déchets en plastique dégagent des gaz à effet de serre

Sarah-Jeanne Royer entourée de plastiques à Hawaï. Crédit : SOEST IPRC

Par Sciences et Avenir avec AFP

Une plage au Sénégal, photographiée en septembre 2015 , jonchée de déchets plastiques. © AFP / Archives : Seyllou

Inesthétiques et dangereux pour la faune, les déchets en plastique libèrent aussi des gaz à effet de serre en se dégradant, contribuant probablement au réchauffement climatique.

Les émissions de gaz à effet de serre comme le méthane ou l’éthylène issus de la dégradation des plastiques ne sont pour l’heure pas prises en compte dans les calculs des scientifiques tentant de mesurer la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre et leur impact sur le climat, selon cette étude, d’une équipe de chercheurs de l’Université d’Hawaï, publiée le mercredi 1er août 2018 dans la revue PLOS ONE.

A prendre en compte dans les modèles climatiques

Sarah-Jeanne Royer entourée de plastiques à Hawaï. Crédit : SOEST IPRC
Sarah-Jeanne Royer entourée de plastiques à Hawaï. Crédit : SOEST IPRC

C’est une Québécoise, Sarah-Jeanne Royer, qui est responsable du projet. L’océanographe a quitté le Brésil pour se joindre à ce groupe de chercheurs en 2015, après leur découverte initiale, due quelque peu au hasard. Les fruits de leurs deux dernières années de recherche ont été publiés dans la revue scientifique américaine Plos One ce 1er août dernier.  Depuis la parution de son article, la Dre Royer ne cesse d’accorder des entrevues aux médias un peu partout sur la planète, notamment à la BBC et au National Geographic.  Elle a aussi attiré l’attention du gouverneur de la Californie, Jerry Brown, qui l’a conviée au prochain Sommet mondial d’action pour le climat pour en savoir davantage sur le phénomène.

“Notre découverte apporte encore une fois la preuve qu’il faut arrêter la production de plastiques à la source, en particulier les produits à usage unique.”

— Sarah-Jeanne Royer

Les chercheurs ont fait des tests sur tous types de produits : bouteilles d’eau, sacs, emballages ou produits industriels et sont arrivés à la conclusion que le polyéthylène, le polymère le plus répandu, “était l’émetteur le plus prolifique” de gaz à effet de serre. Les chercheurs n’ont pas encore déterminé la quantité de gaz ainsi libérée, “mais il est urgent de le faire“, a souligné David Karl, l’auteur principal de cette étude, au regard des 8 milliards de tonnes de plastique répandus sur terre. Et d’une production qui doit encore, selon les révisions, doubler dans les deux prochaines décennies. Cette source de gaz à effet de serre “n’est pas encore prise en compte dans les calculs pour les cycles du méthane et de l’éthylène, et pourrait s’avérer significative, a insisté David Karl, qui enseigne à l’université de Hawaï.

Les gaz à effet de serre influencent directement le changement climatique, affectant le niveau de la mer, les températures mondiales, la santé des écosystèmes terrestres et océaniques et ils favorisent les évènements climatiques extrêmes.

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