Microplastiques : Invisibles, Ils Polluent Tout Autant

par Forbes

La pollution plastique ne se limite pas aux océans, elle est également présente dans les écosystèmes d’eau douce. Elle y est même beaucoup plus répandue qu’on ne le pensait.

Beaucoup de gens s’inquiètent de la pollution des océans par le plastique et pensent que l’eau douce des rivières et des lacs est épargnée. Il est important de savoir à quel point la pollution par le plastique est répandue.

Une étude récemment publiée par une équipe de scientifiques des universités de Cardiff et Exeter a révélé que des microparticules de plastique ont été retrouvées dans au moins la moitié des insectes aquatiques vivant dans les rivières des Pays de Galles du Sud. Ce rapport met en garde contre la pollution plastique qui menace sérieusement l’eau douce. Sur tous les sites échantillonnés, on a constaté que des morceaux de débris plastiques de moins de cinq millimètres de long (« microplastiques ») avaient été ingérés par la moitié des insectes. Sur tous les sites de l’étude, des microplastiques ont été trouvés chez des insectes de toutes les espèces, qu’ils vivent dans la colonne d’eau ou dans la rivière.

Les microplastiques proviennent de diverses sources, comme par exemple les dentifrices, les cosmétiques, les vêtements et les déchets industriels.

« On pense que chaque année, entre 8 et 12 millions de tonnes de plastiques se répandent dans les océans, dont environ 4 millions de tonnes passent par des fleuves », a déclaré dans un communiqué de presse l’auteur principal de l’étude, Fred Windsor, Doctorant à l’Université de Cardiff. « Dans certains cas, il peut y avoir plus d’un demi-million de fragments de plastique par mètre carré, de sorte qu’une ingestion par des insectes est très probable. »

C’est la première étude réalisée sur la présence de microparticules de plastique chez les insectes vivants dans les rivières. Pour cela, les chercheurs se sont concentrés sur trois espèces de larves d’éphémères et de trichoptères, qui ont toutes des méthodes d’alimentation différentes. Ils ont découvert que toutes les espèces avaient ingéré des microplastiques.

« Dans cette étude, les tests ont été réalisés sur des insectes en amont et en aval d’installations de traitement des eaux usées sur les rivières Taff, Usk et Wye. Nous avons été surpris de découvrir à quel point les plastiques étaient répandus », a déclaré M. Windsor.

 Les microplastiques proviennent de diverses sources, comme par exemple les dentifrices, les cosmétiques, les vêtements et les déchets industriels. Les microplastiques proviennent de diverses sources, comme par exemple les dentifrices, les cosmétiques, les vêtements et les déchets industriels.

Bien que les chercheurs aient constaté une concentration de microplastique bien plus élevée dans les rivières qui contenaient davantage d’eaux usées, ils en ont trouvé partout où ils ont cherché. Les auteurs suggèrent que les déchets tels que les sacs en plastique, les bouteilles et les couverts jetables, ainsi que les eaux de surface contenant de la peinture de marquage routier abrasée et des morceaux de pneus de voiture qui ruisselant contribuent fortement à la pollution microplastique des rivières d’eau douce.

« Au Royaume-Uni, les rivières urbaines se remettent de décennies de pollution massive, mais de plus en plus de recherches démontrent que les déchets plastiques présentent un nouveau risque pour les organismes fluviaux, non seulement dans les villes et les villages, mais aussi dans certaines zones rurales », a déclaré le co-auteur et codirecteur de l’Institut de recherche sur les eaux de l’université de Cardiff, Steve Ormerod dans un communiqué de presse.

Une fois que les microplastiques sont incorporés dans un réseau alimentaire, ils peuvent avoir des effets pour l’instant inconnus lorsqu’ils remontent dans la chaîne alimentaire, et peuvent devenir de plus en plus concentrés. Par exemple, des microparticules de plastique ont été retrouvées dans les entrailles des poissons prédateurs de tous les systèmes fluviaux britanniques. Devrions-nous être inquiets ? Probablement. Il a été démontré que les microplastiques capturent des bactéries et des produits chimiques toxiques qui peuvent ensuite être transmis aux animaux qui les consomment.

« Des problèmes pourraient découler des effets physiques des microplastiques, de leur toxicité directe ou des polluants qu’ils transportent », a déclaré le professeur Ormerod. « Le plastique contenu dans les insectes signifient que leurs prédateurs pourraient également être affectés. »

Nos connaissances actuelles sur les risques écologiques et biologiques que présentent les microplastiques sont extrêmement limitées. « Cependant, à l’heure actuelle, notre compréhension des risques pour la faune et les humains est très rudimentaire. Nous devons améliorer d’urgence cette situation pour savoir comment gérer au mieux ces problèmes », a déclaré le professeur Ormerod.

Une étude récente a révélé que même un seul morceau de plastique de taille normale ingéré par une tortue de mer augmente ses risques de mourir de 20 % et qu’une tortue qui consomme 14 morceaux de plastique augmente ses risques de mourir de 52 %. C’est inquiétant. En outre, cette étude a montré que plus de 70 % des tortues de mer avaient du plastique dans les intestins. Cela soulève un certain nombre d’inquiétudes quant à la survie de certaines espèces de tortues. De plus, une étude menée par les Nations Unies en 2017 a révélé que le plastique ingéré tue environ 1 million d’oiseaux et 100 000 animaux marins chaque année.

« Bien que les gens soient de plus en plus conscients des dommages causés par les plastiques ingérés par la faune marine, le danger potentiel que représentent les plastiques dans les écosystèmes fluviatiles a été sérieusement négligé », a souligné dans communiqué de presse Isabelle Durance, directrice du Water Research Institute de l’Université de Cardiff.

© Image : Orbmedia

Comme on pouvait s’y attendre, les humains ne sont pas immunisés contre la consommation de microplastiques et les dommages potentiels qu’elle représente.

Une étude récente a indiqué que les gens consomment plusieurs dizaines de milliers de particules de microplastiques par an au cours des repas, chez eux, tout simplement à cause des retombées de poussières. Selon une étude réalisée sur l’eau du robinet dans six pays, 83 % était contaminée par des fibres microplastiques. Sans surprise, l’eau en bouteille n’est pas épargnée. Une autre étude a révélé que 90 % des eaux en bouteille du commerce avaient été contaminées par des microplastiques.

« L’industrie de l’eau, les organismes de régulation environnementale, les industries du plastique et de l’emballage, et les citoyens soucieux de l’environnement y voient un problème d’importance croissante », a déclaré le professeur Durance. « [Cette] étude fournit une preuve supplémentaire de la nécessité de mieux évaluer les sources, les mouvements et les effets des microplastiques lors de leur transport entre terre et mer le long des rivières. »

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